Forests for Health : pourquoi la professionnalisation du bain de forêt devient un enjeu européen
Le développement des pratiques de bain de forêt, de sylvothérapie ou de thérapie forestière soulève aujourd’hui plusieurs questions en Europe :
- comment encadrer ces pratiques ?
- sur quelles connaissances reposent-elles ?
- et comment éviter que la fréquentation croissante des espaces naturels ne se fasse au détriment des forêts elles-mêmes ?
C’est précisément à ces enjeux que répond le programme européen Forests for Health 2020-2023, porté dans le cadre d’Erasmus+.
L’Académie du Bain de Forêt Provençale (Provence Sylva) collaborera prochainement avec ce réseau européen dans le cadre de ses formations.
Un programme européen né d’un besoin de structuration
Le projet Forests for Health a été développé à partir de travaux menés à Genève dans le cadre du groupe d’experts internationaux sur les “Green Jobs in the Forest Sector”, réunissant notamment :
- la FAO,
- l’UNECE (Commission économique des Nations Unies pour l’Europe),
- et l’Organisation internationale du travail.
Son objectif : concevoir une formation destinée aux futurs praticiens “Forests for Health”, capables de faire le lien entre :
- les enjeux de santé humaine,
- les connaissances forestières,
- et la gestion durable des espaces naturels.
Le programme réunit des experts issus :
- du secteur forestier,
- du domaine de la santé,
- de la pédagogie,
- et des pratiques d’accompagnement en forêt dans plusieurs pays européens.
Le projet repose sur deux constats très concrets
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L’essor des pratiques liées à la forêt s’est développé plus vite que leur encadrement
Le programme Forests for Health souligne qu’un certain nombre d’activités autour :
- de la sylvothérapie,
- du Shinrin Yoku (Bain de Forêt),
- ou des immersions en forêt,
se sont développées sans toujours s’appuyer :
- sur des connaissances écologiques suffisantes,
- sur des données scientifiques solides,
- ou sur une compréhension des contraintes propres aux milieux forestiers.
Le projet mentionne notamment un risque : voir certaines pratiques se déployer dans des forêts inadaptées ou sans prise en compte des enjeux de préservation de la biodiversité.
Ce point est particulièrement important dans un contexte où les espaces naturels subissent déjà :
- une forte pression humaine,
- la fragmentation des habitats,
- le changement climatique,
- et des problématiques croissantes liées aux incendies ou aux sécheresses.
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Les Européens vivent de plus en plus loin des environnements naturels
Le programme rappelle également qu’environ 80 % de la population européenne vit aujourd’hui en zone urbaine.
Cette urbanisation progressive modifie notre rapport aux espaces naturels.
Le projet cite notamment les travaux de l’écologue américain Robert Michael Pyle, connu pour avoir développé le concept “d’extinction de l’expérience” (“extinction of experience”), qui décrit l’éloignement progressif des sociétés modernes vis-à-vis du vivant et des environnements naturels.
Forests for Health souligne aussi qu’une partie du public perçoit désormais la forêt uniquement comme :
- un espace de refuge,
- un lieu à préserver,
- ou un décor naturel,
sans toujours comprendre les réalités de la gestion forestière durable :
- entretien,
- exploitation raisonnée,
- régénération,
- adaptation climatique,
- prévention des risques.
Le programme cherche donc à créer des “ponts” entre les humains et les forêts, en intégrant à la fois :
- les enjeux de santé,
- les connaissances forestières,
- et la sensibilisation environnementale.
Une approche qui dépasse largement le simple “bien-être”
L’un des apports importants du programme Forests for Health est justement de sortir d’une vision uniquement émotionnelle ou intuitive du bain de forêt.
Le projet insiste sur plusieurs dimensions :
- la sécurité des pratiques,
- la compréhension des écosystèmes,
- l’éthique des interventions,
- et la responsabilité des accompagnants.
L’objectif n’est pas simplement d’organiser des sorties nature.
Il s’agit de former des praticiens capables :
- d’adapter leurs accompagnements aux milieux,
- de comprendre les usages forestiers,
- de sensibiliser les participants,
- et de proposer des pratiques compatibles avec les enjeux écologiques actuels.
Pourquoi cette approche intéresse Provence Sylva ?
Depuis sa création, l’Académie du Bain de Forêt Provençale défend une approche du bain de forêt fondée sur :
- l’immersion sensorielle,
- la qualité de présence,
- la compréhension du vivant,
- et le respect des milieux naturels.
Pour Provence Sylva, la forêt ne peut pas être réduite à un simple support d’activité bien-être.
Chaque environnement possède :
- ses équilibres,
- sa biodiversité,
- ses contraintes,
- ses usages,
- et sa fragilité.
Cette future collaboration avec Forests for Health s’inscrit donc dans une logique de cohérence : participer à une professionnalisation des pratiques à l’échelle européenne, tout en maintenant une attention forte aux réalités écologiques et forestières.
Vers une reconnaissance plus structurée des pratiques en forêt
Le programme Forests for Health montre aussi une évolution plus large.
Les liens entre nature, santé et qualité de vie font désormais l’objet :
- de recherches scientifiques,
- de réflexions en santé publique,
- et de programmes de formation dédiés.
Dans plusieurs pays européens, des professionnels interviennent déjà à l’interface entre :
- forêt,
- accompagnement humain,
- et santé environnementale.
Le projet comprend notamment :
- l’Irlande,
- l’Autriche,
- la Suède,
- l’Allemagne,
- et l’Espagne.
L’enjeu aujourd’hui n’est donc plus seulement de proposer des expériences en forêt.
Il est aussi de former des praticiens capables d’intervenir de manière :
- responsable,
- crédible,
- contextualisée,
- et respectueuse des espaces naturels.
C’est cette vision que Provence Sylva souhaite contribuer à développer à travers ses futures formations.
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