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Vous êtes ici : Accueil1 / Blog2 / Blog3 / Incendies de forêt en Provence : comprendre, régénérer, agir

Après les incendies : quel avenir pour les forêts de Provence ?

foret provençale calcinée après incendie de l'été

De combien d’avertissements avons-nous besoin ? De combien de beauté disparue ?

Romain Gary (1974) éd. Gallimard, collection Folio

Les incendies de forêt, un avertissement pour la Provence

Les médias ont diffusé en continu les images catastrophiques des incendies qui ont ravagé nos forêts autour du Gros Bessillon, entre Taradeau et Les Arcs, à Lançon, à L’Argentière-la-Bessée… Les pompiers ont fait des efforts surhumains pour les fixer, puis enfin les éteindre.

Il reste un paysage de cendres, d’arbres calcinés et de ruines.

Invivable.

Une preuve extrême de l’importance cruciale de la forêt pour la santé humaine. Un avertissement sur l’urgence de se battre contre le dérèglement climatique ! Une grosse charge émotionnelle.

Les émotions bien informées guident mieux l’action, alors faisons un premier point.

Des incendies qui ne sont plus exceptionnels

On doit constater et prévoir un basculement vers des étés de feux, ici et même sur l’ensemble de l’Europe. C’est malheureusement cohérent avec les scénarios du dérèglement climatique.

Certains ont déjà baptisé « Pyrocène » ce futur auquel nous ne sommes pas préparés et qu’il faut éviter.

Quel est l’impact des incendies sur les forêts de la Région Sud ?

Si la situation est grave, elle n’est pas désespérée… à ce stade.

Nous pouvons encore agir pour ralentir et stabiliser le dérèglement climatique et protéger nos forêts.

L’Observatoire des Forêts Françaises estime que l’accroissement net de nos forêts de la Région Sud, après déduction des récoltes et de sa mortalité naturelle, est de 1,75 million de mètres cubes par an, soit une croissance annuelle de 1,4 % du stock vivant.

Quel impact sur l’accroissement de nos forêts ?

Quel est l’impact des incendies de cette année ?

Le bilan n’est pas complet, car il faudra encore faire la part des surfaces de garrigues, de landes, de terres agricoles et de forêts matures. Ce sont sans doute autour de 350 000 m³ de bois vivant détruit ou sérieusement atteint.

Donc, après recalcul des flux : 20 % de baisse de l’accroissement sans feux. Il faudrait 5 à 6 feux de cette ampleur pour effacer l’accroissement annuel.

Mais, si nous laissons le dérèglement climatique suivre son cours actuel, la lenteur de la régénération des surfaces incendiées contribuera inexorablement à l’aplatissement de la courbe de croissance, puis même à son déclin.

Après un incendie, la forêt peut-elle se régénérer ?

Nous n’en sommes pas encore là. Il y a des solutions.

Nous connaissons clairement le problème depuis les premiers accords internationaux sur le climat (1992). À partir de maintenant, nous ne pouvons plus faire si peu, si lentement et si tard.

Dans l’immédiat, beaucoup de bonnes volontés se mobilisent pour effacer au plus vite les énormes cicatrices dans nos collines et leur impact :

  • sur l’habitat ;
  • sur l’agriculture ;
  • sur le tourisme local ;
  • sur le moral et la santé des habitants.

Après les flammes, le vivant reprend sa place

Seuls les points les plus ardents sont calcinés et stérilisés.

Ailleurs, sur les sols largement inondés par les pompiers, des graines germeront rapidement, la sève remontera vers les bourgeons et les feuilles épargnés. La faune mobile reviendra.

Un écosystème se reconstituera, différent, sans doute appauvri et plus vulnérable aux sécheresses de demain.

Les techniciens de l’ONF, du CNPF* et de la Chambre d’Agriculture ont les compétences appropriées pour régénérer un couvert forestier et végétal.

*CNPF : Centre National de la Propriété Forestière.

Quelle sylviculture de remédiation ?

Le diagnostic post-incendie avant toute intervention

Selon Marie-Laure Gaduel – technicienne

« La réponse à cette question n’est pas simple.

Il convient d’abord d’établir un bon diagnostic de ce qui a été brûlé, en partie ou totalement, et des essences concernées. Les différences entre feuillus et résineux sont importantes.

Il convient aussi de prendre en compte la sensibilité du sol et tous les enjeux de relief et de microclimat.

Mais dans tous les cas, une chose est certaine : il est urgent de ne pas se presser, sauf, bien entendu, pour la priorité de mettre en sécurité les biens et les personnes.

Enlever les bois calcinés et favoriser la régénération naturelle

Ensuite, il faut, si possible, enlever les bois calcinés qui peuvent au moins être valorisés dans les centrales thermiques locales.

Des fascines sur les pentes fortes limiteront l’érosion et favoriseront la régénération.

Puis des reboisements ou enrichissements ponctuels seront éventuellement à prévoir dans les années qui suivent, mais uniquement sur les secteurs où la régénération naturelle est insuffisante.

Le pin d’Alep, une essence adaptée aux incendies

La régénération naturelle du pin d’Alep se développe très bien en général après un incendie. Cet arbre a su s’adapter. »

Il y a encore beaucoup à développer, mais le diagnostic post-incendie ainsi qu’une analyse de la structure foncière sont impératifs avant d’entreprendre toute action.

Comment aider les forêts et les territoires touchés ?

Mais il faut des moyens.

Il y a les assurances et les finances publiques. Nous pouvons aussi aider.

C’est ainsi que nous collectons les dons privés de ceux qui lisent ces lignes et se sentent concernés. Nous verserons la cagnotte réunie intégralement à l’Association des Maires Ruraux du Var.

C’est la meilleure instance locale pour assurer l’impact maximal sur les priorités d’intervention.

Vous pouvez contribuer en effectuant un virement sur ce RIB ci-dessous en marquant « DON AMR83 » en capitales.

ASSOC. ACADEMIE DU BAIN DE FORET PROVENCALE
IBAN : FR76 1910 6000 1344 6921 3801 220
BIC : AGRIFRPP891

Régénérer les forêts ne suffit plus : il faut agir sur les causes

Régénérer n’est plus suffisant.

Il faut enrayer l’accroissement de la cause principale du dérèglement climatique. Réduire systématiquement notre addiction aux carburants fossiles – gaz, pétrole, charbon – jusqu’aux environs de zéro et ne la limiter qu’aux besoins irréductibles avec nos technologies actuelles.

C’est réellement un choix de survie pour nous, nos enfants, nos forêts et leur biodiversité.

Climat et santé : des actions gagnantes sur les deux tableaux

Les aliments locaux, peu transformés, pauvres en glucides, riches en fibres ont le meilleur rapport nutritif/empreinte carbone.

L’eau du robinet vous hydrate sans microplastiques, sans transport routier, sans stockage, palettes et emballages jetables.

Marcher, pédaler et repenser nos déplacements

Le dernier kilomètre à pied et les trajets à vélo conservent votre potentiel musculaire.

Choisir les transports urbains propres plutôt que la voiture thermique évite à tous de respirer les particules, les oxydes d’azote et l’ozone.

C’est encore plus net pour le train contre l’avion sur presque tous les trajets de ville à ville.

Retrouver une place pour la nature dans notre quotidien

Une promenade détente dans un parc ou en forêt peut parfois remplacer une médication ou des suppléments suremballés obtenus par des chimies complexes dans des laboratoires lointains…

Oui, beaucoup de gestes pour atténuer le dérèglement climatique sont gagnants-gagnants pour un mode de vie qui augmente notre autonomie et notre vitalité sur le long terme.

Le bain de forêt nous amène au cœur de l’écosystème forestier

La pratique du bain de forêt nous amène au cœur de l’écosystème forestier.

Il est non seulement une assurance de vitalité et d’autonomie, mais aussi une leçon intime par un environnement perfectionné au cours de 450 millions d’années.

Il a abrité et stimulé l’expansion de la faune terrestre. Il a modelé le mental et l’agilité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs.

Des forêts vivantes aux « forêts fossiles »

En fixant le gaz carbonique, il produit le climat tempéré favorable à l’essor de nos civilisations agricoles depuis 10 000 ans.

Mais nous le déréglons depuis 200 ans par la combustion croissante des « forêts fossiles » – charbon, pétrole, gaz – qui condamne les forêts vivantes, affaiblit notre santé et menace notre survie.

Avec cette prise de conscience, nous pouvons bien mieux gérer notre santé et éviter la prédiction d’un Pyrocène.

Alimentation et consommation : privilégier des choix simples

À propos de l’auteur – Claude Fussler

Claude Fussler est membre fondateur de l’Académie du Bain de Forêt Provençale.

Propriétaire avec son épouse d’un domaine agricole et forestier dans le Var. Élu au Conseil National de la Propriété Forestière et à la Chambre d’Agriculture pour le Var.

Pionnier de la gestion durable et de la valorisation multifonctionnelle de la forêt. Ancien directeur du programme Caring for Climate des Nations Unies et conseiller en responsabilité sociétale et innovation de nombreuses multinationales.

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